Si l’épidémie est bien là avec ses chiffres avérés, ceux-ci sont à relativiser et à replacer dans un contexte beaucoup plus large.

Amica Travel s’adapte aux demandes de ses voyageurs concernant les reports ou les annulations de voyage en Asie du Sud-Est, mais tient aussi à vous faire partager les raisons de ne pas céder à la psychose du coronavirus de Wuhan.

Des chiffres à relativiser

Si à l’heure actuelle (25 février 2020) 80 153 cas d’infection à ce nouveau virus ont été détectés et 2703 morts comptabilisés, ces chiffres sont à relativiser.

  • 99% des cas confirmés sont en Chine continentale. Une trentaine de décès ont été enregistrés en dehors de la Chine, dont une personne en France.
  • 16 cas au Vietnam, dont 15 personnes guéries. Un cas au Cambodge lui aussi guéri et aucun cas identifié au Laos.
  • Si le nombre des cas confirmés et de décès est rapporté à la population chinoise, ou mondiale, le taux est très minime.
  • La virulence de cette épidémie est à comparer avec des épidémies sévissant annuellement, comme par exemple la grippe saisonnière qui fait des milliers de morts en France chaque hiver ou encore le paludisme, lié au moustique qui a provoqué la mort de 435 000 personnes dans le monde en 2017.
  • Un taux de contagion qui reste bas, calculé selon le « taux de reproduction de base ». Les estimations de chaque maladie s’échelonnent de 1,4 à 5,5. Le coronavirus a un taux de contagion moyen de 2,2 personnes, c’est plus que la grippe (1 à 3 personnes), mais bien moindre que la rougeole (15 à 30 personnes) ou le SRAS (2 à 5 personnes).
  • Le risque de transmission directe entre humains est très bas dans les pays développés.
  • La famille des coronavirus se développe généralement dans les pays à climats froids en hiver. Le risque de propagation en Indochine semble donc être très limité.
  • Un taux de mortalité plus bas que lors des précédentes épidémies (à l’heure actuelle). En 2002-2003, le SRAS, un coronavirus venant lui aussi de Chine avait fait 774 morts dans le monde sur 8096 cas comptabilisés, soit un taux de mortalité de 9,5%. Un autre coronavirus provenant du Moyen-Orient, le MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) toujours en cours, a fait 858 morts sur 2494 cas depuis septembre 2012, soit un taux de mortalité de 34,5%. Le taux de mortalité du coronavirus de Wuhan s’établit pour le moment à 3,37% parmi les cas confirmés.
taux contagion coronavirus

Le taux de reproduction de base du coronavirus, comparé à d’autres maladies. Source image : Le Parisien.

Les personnes décédées étaient déjà très fragiles

D’après les premières conclusions, le profil-type de victime semble être dégagé : il s’agit des personnes âgées de plus de 60 ans fragiles, souffrant de maladies de type comorbidités (des maladies qui en accompagnent d’autres) ainsi que de quelques jeunes personnes ayant du diabète ou de l’hypertension (personnes dites immunodéprimés).

Des mesures d’hygiène simples mais efficaces

Pour éviter la grippe il suffit d’adopter des règles d’hygiène extrêmement simples. Pour le coronavirus c’est pareil :

  • Port du masque, surtout en cas de toux et de fièvre (efficace pour celui qui est malade et pour protéger les autres, en revanche pour se protéger quand on n’est pas malade, il se révèle inefficace).
  • Lavage régulier des mains avec du savon ou des solutions hydro-alcooliques.
  • Éviter de manger de la viande crue ou peu cuite.
  • Éviter tout contact rapproché avec une personne présentant des symptômes reconnus.
  • Tousser ou éternuer dans le creux du coude, et pas dans ses mains.
  • Se rendre chez le médecin, dès l’apparition des symptômes.
lavage mains virus

Une règle essentielle pour se protéger de la plupart des virus : se laver régulièrement les mains. Source image : Mmedical.

Bien s’informer

S’informer c’est bien, être exposé à la surinformation n’est pas bien. Celle-ci s’est amplifiée depuis la création des chaînes d’informations en continue et l’émergence des réseaux sociaux, aux contenus parfois erronées (fake news). Cette surinformation provoque des conséquences psychologiques exacerbées : peur et rejet de l’autre, amalgames et actes racistes envers la communauté asiatique, alimentation d’une psychose, etc. Nous vous conseillons donc de vous en tenir informés mais en privilégiant des bonnes sources d’informations et de manière limitée (une fois tous les deux-trois jours par exemple).

Nos sources référentes :

Pourquoi les pays d’Indochine sont-ils perçus comme particulièrement menacés ?

Si l’on regarde des cartes, la plupart des cas infectés sont en Chine et sont représentés par la largeur des diagrammes de couleur rouge, assimilée au sang, à la violence et entraînant ainsi la peur.
Les pays de la péninsule indochinoise se situent dans l’aire d’influence économique et culturelle de la Chine, mais cette influence est surtout géographique. C’est pourquoi lorsqu’on dé-zoome une carte de la pandémie à l’échelle mondiale, l’épidémie semble également sévir en Asie du Sud-Est, hors ce n’est pas le cas.

carte coronavirus

Les diagrammes rouges des provinces chinoises débordent largement sur l’Indochine en raison de leur proximité géographique. En réalité, l’épicentre de l’épidémie se trouve en Chine. Source carte : John Hopkins.

Quid du port du masque ?

Les masques chirurgicaux sont souvent portés en Asie de l’Est, car cette pratique est ancrée dans la vie en communauté. En effet, lorsqu’une personne tousse ou a des éternuements, celle-ci va automatiquement porter un masque pour ne pas infecter d’autres personnes, dès lors qu’elle va sortir de chez elle. Les autres voient cette personne comme ayant pris ses précautions et sera plutôt considérée comme bienfaisante. En Occident, si une personne porte un masque dans la rue, celle-ci sera jugée comme repoussante, voire effrayante, alors qu’il faudrait plutôt saluer ce geste venant de sa propre initiative pour le bien du collectif. En Occident, le masque est quasi exclusivement cantonné dans les services de soins chirurgicaux. Tout le contraire de la mentalité et des usages en Asie. A savoir qu’ici et notamment au Vietnam, le masque est aussi largement porté pour éviter les poussières lors des trajets en scooter.

Cependant, le masque chirurgical est efficace sur un seul point : il permet à la personne malade de ne pas faire diffuser ses postillons lors de toux et éternuements, et donc, de prévenir la propagation de sa propre infection.

Mais pour la personne qui n’est pas malade, le port du masque se révèle inefficace, car n’étant pas complètement collé au visage, le masque laisse passer de l’air non filtré et donc des aérosols contaminés…

De plus, ces masques en papier ont une durée de vie très limitée… de trois à quatre heures seulement. Il doit être changé plusieurs fois par jour. Le seul masque efficace est le masque de protection respiratoire individuelle de type FFP2, composés d’une pièce faciale et d’un dispositif de filtration.

port masque virus

Le port du masque est ancré depuis longtemps dans la vie en communauté des Asiatiques.

Nous sommes là pour vous rassurer

Vous avez prévu un voyage en Indochine ou vous allez prochainement voyager en notre compagnie ? Nous tentons de vous rassurer avec notre liste de recommandations, ainsi que par le renforcement de notre contact :

  • Nous vous invitons à suivre cette actualité pour la mise à jour des chiffres, ainsi que des informations officielles.
  • Si vous êtes citoyen français, vous avez la possibilité de vous inscrire sur le site Ariane, du Gouvernement français. Cette plateforme vous permet de recevoir par e-mail ou SMS des informations et des consignes de sécurité, ainsi qu’un rapatriement en cas d’urgence.
  • Pour toute question relative à cette actualité et à surtout à votre voyage dans ce contexte particulier, nous vous remercions de bien vouloir contacter votre conseiller en voyage ou votre chargé de relation voyageur référent, par email. Vous pouvez également nous écrire via la messagerie Facebook.