Ces deux pays, séparés par une distance géographique de près de 10000 km et surtout par une guerre, auraient pu s’ignorer complètement et s’oublier l’un et l’autre dans les ténèbres et regrets de l’histoire. Dans la réalité, depuis la fin de la guerre d’Indochine, le Vietnam et la France n’ont jamais cessé d’entretenir des relations.

Les vietnamiens d’aujourd’hui, particulièrement optimistes retiennent surtout que le côté positif des liens qui ont été malgré tout, forgés lors de la colonisation française en Indochine.

Voici les éléments forts de la relation entre Hanoi et Paris :

Héritage architectural et urbanistique

Les français ont laissé dans les villes du Vietnam et notamment à Hanoi et Ho-Chi-Minh-Ville (ex- Saigon) des monuments remarquables et une physionomie urbaine caractéristique (plan en damier).

Parmi les monuments célèbres, nous avons à Ho-Chi-Minh-Ville :

  • l’Hôtel de Ville
  • la grande poste (la charpente est signée Gustave Eiffel)
  • l’Opéra (sur le modèle du Petit-Palais de Paris)
  • et la cathédrale Notre-Dame de Saigon (dont les briques rouges proviennent de… Toulouse !).

A Hanoi, nous retrouvons :

  • l’Opéra (copie de l’Opéra Garnier à Paris)
  • la cathédrale St-Joseph
  • le pont Long Bien
  • et de nombreuses demeures coloniales, abritant aujourd’hui des ambassades.

Vers le début du 20ème siècle, l’architecture coloniale française en se mariant avec l’architecture locale, a résulté d’un syncrétisme architectural de style indochinois, et dont le musée national d’histoire vietnamienne d’Hanoi en est l’illustre exemple. En France, les vietnamiens ont amené l’architecture traditionnelle de leurs pagodes.

L’Opéra d’Hanoi, à droite, s’inspirant de l’Opéra Garnier de Paris, à gauche.

Langue vietnamienne et la francophonie

La langue vietnamienne a la spécificité en Asie du Sud-Est, d’utiliser l’alphabet latin depuis le 17ème siècle, résultant d’une transcription romanisée et phonétique de l’ancien vietnamien par Alexandre de Rhodes, jésuite et linguiste français.

La romanisation de la langue vietnamienne avait un but politique pour la famille impériale vietnamienne de s’affranchir de l’ancien système d’écriture calligraphique chinois et ainsi se démarquer encore plus de son voisin et « ennemi  héréditaire ».  Il s’agissait surtout de faciliter la diffusion de la religion et de la démocratisation de la connaissance dans tout le pays.

Aujourd’hui le « quoc ngu » est adopté comme système d’écriture national du Vietnam. Le français a aussi laissé de nombreux mots dans le lexique vietnamien, et le Vietnam est membre de l’OIF (Organisation Mondiale de la Francophonie). On estime à quelques 120 000 francophones dans le pays.

L’héritage du français dans le lexique vietnamien : un syncrétisme linguistique unique.

Cuisine vietnamienne

La cuisine vietnamienne, exceptionnelle, n’a pas subi  d’influences notables de la cuisine française. Mais des produits apportés comme le café, la baguette, la pâte à crêpe, etc. ont été incorporés dans certaines recettes et sont aujourd’hui très consommés au Vietnam.

Le banh mi, est le symbole de cette fusion culinaire, car ce sandwich très populaire mélange des ingrédients locaux, avec du beurre étalé dans une petite baguette coupée en deux. Autre héritage de l’histoire, la présence du « fromage » la vache qui rit. Inversement en France, les restaurants et plats vietnamiens prospèrent, des plats comme le pho, le banh mi ou le bo bun sont très populaires.

Le banh mi, le sandwich vietnamien dans une baguette française !

Enseignement et culture

S’appuyant sur le savoir des universités traditionnelles du Vietnam, les français ont créé l’école d’Extrême-Orient et un institut océanographique à Nha Trang. C’est au Vietnam qu’Alexandre de Yersin a élaboré un premier sérum antipesteux pour vaincre le bacille de la peste. Il  a en outre fondé l’école de médecine d’Hanoi, aujourd’hui faculté de médecine d’Hanoi. Et légué l’Institut Pasteur de Nha Trang.

Les liens entre Paris et Hanoi sur le plan culturel s’expriment dans les Instituts français au Vietnam, dans les associations franco-vietnamiennes en France, ainsi que dans des projets d’envergure comme la réussite du musée d’ethnographie d’Hanoi.

Aujourd’hui, près de 7000 étudiants vietnamiens font leurs études en France, ce qui représente la 2ème communauté étudiante asiatique en France. Inversement de nombreux français étudient aussi au Vietnam, réalisent leurs stages et enseignent même au sein des universités et lycées francophones du pays.

L’école française d’Extrême-Orient était installé dans ce bâtiment typique de l’architecture Indochinoise, aujourd’hui c’est le musée d’histoire vietnamienne.

Population

La diaspora vietnamienne est d’environ 350 000 en France, petite anecdote : le nom de famille Nguyen se hisse à la 52ème des noms les plus portés de France. Inversement près de 7000 français expatriés vivent au Vietnam. Parmi ces expatriés, même si les chiffres sont difficiles à établir, de nombreux viet-kieu, français d’origine vietnamienne, sont « repartis au pays » pour des raisons économiques ou autres. Ensemble, ils participent pleinement aux bonnes relations économiques entre les deux pays, appuyées notamment par la forte croissance annuelle vietnamienne.

Amica Travel

L’agence locale au Vietnam, qui héberge ce blog se nourrit aussi de cette relation franco-vietnamienne. Ses fondateurs ayant fait leurs études en France et portant un amour inconditionnel pour la langue française ; notre agence est aujourd’hui spécialisée et reconnue sur le marché francophone. Les membres du blog 360° se composent aussi bien de vietnamiens, de français et de viet-kieus ; le tout favorise un échange culturel harmonieux et passionnant.

Ainsi de cette histoire, parfois conflictuelle, les deux peuples et les deux pays ont laissé place de nos jours, à un héritage indéniable et un enrichissement permanent dans les liens franco-vietnamiens.

Sources : France Diplomatie, Ambassade de France, la bonne cuisine & Indomémoires de Pierre Journoud.

 

France-Vietnam : histoire d’une relation et héritages d’aujourd’hui
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