Dragonnier et face septentrionale de l’île.
En cette période printanière, nous vous invitons à découvrir un des joyaux du centre-sud Vietnam : l’île de Cu Lao Mai Nha, ou Ile Robinson.
Une pyramide granitique
L’île de Cu Lao Mai Nha, surnommée « l’île Robinson Crusoé », surgit de l’océan comme une pyramide granitique dont la base se dissimule dans les abysses et dont le sommet effleure les cieux. Située dans l’est de la province de Dac Lac (l’ancien Phu Yen), à une quinzaine de minutes du continent, ce fragment d’éternité marine se dresse, isolé, battu par les vents et les flots bleus du Pacifique.
Son nom, Mai Nha, évoque un toit, image fidèle de son profil effilé. Depuis des générations, des familles de pêcheurs vietnamiens y trouvent refuge, notamment celle de l’étonnant « roi de l’île », dont les aïeux veillent sur ce rocher marin depuis des siècles. Déjà, du temps du royaume du Champa, sa face occidentale servait d’abri naturel contre les typhons et les colères océaniques.
Face océanique de l’île.
Longue et large d’environ un km et demi, l’île culmine à 104 m. A son sommet, un bois maritime s’accroche à la roche, enchevêtrant lianes, ficus, épineux et dragonniers (Dracaena angustifolia). Plus bas, les flancs se couvrent de buissons salés et d’arbustes battus par les embruns. Sur ses plages et cordons sableux rampent des liserons de mer (Ipomoea pes-caprae), des buissons de naupaka (Scaevola taccada) et des touffes de graminées pionnières comme les Spinifex, tandis que des plantes succulentes s’accrochent aux zones les plus arides.
A l’ouest, s’ouvre une plage de sable blanc de 800 m, hospitalière et havre des familles de pêcheurs. Mais sur sa face orientale, tournée vers le large, l’océan se montre plus âpre : rivage de roches blanchâtres, hérissé de figuiers de barbarie (Opuntia ficus-indica), de pandanus (Pandanus amaryllifolius) et d’amandiers tropicaux (Terminalia catappa). Ici, vagues, marées et tempêtes sculptent inlassablement la pierre, taillant grottes, surplombs et chaos granitiques.
Pandanus et amandiers tropicaux.
Au nord, l’île révèle de petites falaises, des éboulis rocheux enchevêtrés, la crique Robinson et sa plage intime ourlée d’écume. Quant à sa face méridionale, elle se dresse telle une muraille : falaises inaccessibles plongeant sans transition dans le tumulte des flots bleus.
Y évolue une remarquable diversité où se mêlent près de deux cents espèces de poissons récifaux appartenant aux familles des labres, demoiselles, papillons de mer, poissons-anges et chirurgiens. Entre les coraux durs s’épanouissent anémones, étoiles de mer, oursins, holothuries, coquillages, huîtres, crabes, homards et ormeaux. Herbiers marins et algues complètent cet écosystème. Parfois, au large, surgissent les silhouettes majestueuses de dauphins, cachalots ou baleines de Bryde.
Rivage méridional de l’île.
Dans les zones de maquis, de falaises, de boisements d’eucalyptus et de pandanus se trouvent deux aigles-marins, des oiseaux marins nicheurs, martinets et hirondelles, geckos, scinques, lézards et de nombreuses espèces d’insectes, notamment des papillons et des libellules attirés par les mares temporaires. Il y a encore peu y subsistait une espèce de varan (Varanus salvator macromaculatus), peuplant les parties les plus arides de l’île, reptile redouté et respecté, toujours vivant dans la tradition orale locale.
Depuis 2023, Amica Travel y organise divers repérages, en résulte un déjeuner pique-nique confidentiel tout confort et deux modules de marche niveau 1 et 2. Un projet local de nettoyage de plage y est également organisé.
Déjeuner bucolique sur la plage de la crique Robinson.