Vespa à Saïgon
La Vespa au Vietnam n’est pas qu’un simple moyen de transport ; c’est un témoin historique roulant qui mêle élégance à l’italienne et résilience vietnamienne. Voici l’évolution de cette icône, de son arrivée sur les quais de l’ancienne Saïgon jusqu’à son statut de trésor vintage aujourd’hui, en passant par sa gloire dans les années 1960 et 1970.
Introduit durant l’époque coloniale française et construit sous licence en France, le modèle Vespa ACMA 125 est développé par le célèbre entrepreneur et sénateur italien Piaggio. Ce dernier cherche à motoriser l’Europe, mais la Vespa séduit paradoxalement et rapidement les colonies et protectorats des grandes puissances coloniales de l’époque. Facilitée par sa taille et son poids, la Vespa s’exporte plus aisément que les automobiles. De plus en Europe, aux lendemains plus enchanteurs de la Seconde guerre mondiale, le développement automobile connaît ses premiers balbutiements en raison de la démocratisation de la voiture et de l’essor de la classe moyenne.
La Vespa, elle, prend un véritable essor au sud du Vietnam, plus libéral et qui s’ouvre à la modernité occidentale. Face aux vélos et aux vélomoteurs légers, la Vespa répond aux besoins spécifiques de la société citadine sud-vietnamienne et s’impose par sa silhouette robuste.
La Vespa 125 Primavera, premier modèle de la marque est arrivé au Vietnam durant la colonisation française.
Le produit Vespa est en soi une réussite avec sa conception « aéronautique » adaptée à la ville. Il allie en effet propreté avec son moteur caréné (les motos légères comportent une chaîne qui tâchaient souvent les longues tuniques de graisse), une protection avec son large tablier avant protégeant le conducteur de la poussière et des éclaboussures lors des moussons tropicales et par sa simplicité, avec le passage des vitesses au guidon et l’absence de tunnel central permettant d’enfourcher le scooter facilement.
La Vespa est remarquable aussi pour sa solidité, car contrairement aux scooters en plastique, la Vespa possède une carrosserie monocoque en acier. Avec une structure rigide qui ne se plie jamais, cette solidité a permis aux Vietnamiens de transformer ce véhicule de loisir en un véritable outil de travail. Dans la vie quotidienne et notamment durant les années de la guerre du Vietnam, on assistait aux premiers scooters transportant des charges importantes comme des sacs de riz, des familles entières ou même du bétail.
La Vespa est remarquable pour sa solidité pouvant transporter des charges importantes.
Le succès de la Vespa durant ces deux décennies résulte aussi qu’elle soit devenue l’accessoire de mode ultime pour les femmes de Saïgon. Son plancher plat permettait aux femmes de s’asseoir tout en portant l’ao dai, très portée à l’époque, sans que le tissu ne s’emmêle dans la mécanique.
La Vespa possède aussi un design unique permettant une alliance parfaite avec l’élégance locale d’antan et l’image de charme conférée à la douceur de vivre saïgonnaise, la ville étant surnommée « le Paris de l’Extrême-Orient ». Piloter une Vespa Sprint ou une Primavera à Saïgon était un signe de modernité et d’émancipation, souvent comparé au style de vie européen très influencé par le film “Vacances Romaines”, une comédie romantique américaine sortie en 1953 avec Audrey Hepburn en tête d’affiche.
La Vespa, symbole d’élégance et de modernité du Saïgon des années 1960 et 1970.
Après 1975 et la réunification du pays, le Vietnam sortant de nombreuses années de guerre, connaît d’importantes difficultés économiques. De nombreuses pièces de rechange françaises et italiennes ne sont plus importées, mais les mécaniciens de Saïgon développent alors une capacité de résilience en fabriquant eux-mêmes des pièces et réparant eux-mêmes les scooters.
Si aujourd’hui, la voiture et les scooters japonais dominent les marchés et sont devenus un symbole de statut social et de modernité, une véritable culture de la Vespa ancienne perdure. On trouve encore en effet, de nombreux passionnés et des clubs de collectionneurs qui restaurent amoureusement des modèles ACMA, Sprint ou Super.
Quant à l’entreprise Piaggio, elle n’a pas oublié que le Vietnam fut un temps, un véritable conservatoire de la marque durant l’une des périodes les plus tragiques de son histoire. C’est sûrement en souvenir de cette histoire et de cette résilience et afin d’être au plus près d’un marché acquis et prometteur, que l’entreprise a ouvert dans les années 2010, sa troisième plus grande usine dans la province de Vinh Phuc, employant près de 800 employés vietnamiens qualifiés. L’icône italienne est depuis véritablement un peu vietnamienne.
Portrait d’une jeune vietnamienne et sa Vespa.
Visiter les grandes villes vietnamiennes en Vespa est une excellente façon d’intégrer cette histoire dans votre découverte urbaine et avec style ! Amica Travel vous propose un circuit interactif et ludique vous offrant des clés indispensables pour comprendre la ville de Hanoï et ses deux mille ans d’histoire. Au programme : suivi d’étroites venelles captivantes au milieu de la vie quotidienne des Hanoïens, passage devant quelques sites emblématiques, visite d’un marché local, arrêts gourmands pour tester des spécialités régionales, et incursion dans le quartier historique pour ressentir les palpitations de la cité au charme d’antan qui s’imprègne bon gré mal gré d’une frénétique contemporanéité. En chemin, arrêt au jardin botanique pour s’immerger dans la pratique sportive matinale et au lac Ho Huu Tiep où se tient encore la carcasse d’un B-52 abattu en 1972 durant le raid aérien sur Hanoi lors de la seconde guerre d’Indochine. Passage aussi par l’emblématique pont Long Bien qui enjambe le fleuve Rouge et le temple du Cheval blanc (Bach Ma), un des quatre temples sacrés de l’ancienne cité impériale de Thang Long.
La Vespa est un excellent moyen de découvrir les multiples facettes des grandes villes vietnamiennes.