Portrait

Rencontrez Nguyen Minh Khoa, guide local

Le troisième volet de l’interview de quelques-uns de vos guides ! 5 questions pour mieux connaître le métier de guide local, les avantages, les contraintes et les perspectives d’avenir.

Interview de Nguyễn Minh Khoa

1) Présentez-vous en quelques mots, pour nos voyageurs qui ne vous connaissent pas

Je m’appelle Khoa, j’ai 34 ans. J’habite dans la plus grande métropole du Vietnam, Hô-Chi-Minh-Ville (connue aussi sous le nom de Saïgon). Je suis un être comblé de bonheur. Mon dicton a toujours été : « faire ce que l’on veut, vivre avec celui qu’on aime et être moi-même. Mais, si on ne peut pas avoir ce que l’on veut, apprends à aimer ce que l’on a ». C’est pour cela que j’en suis heureux et je souhaite à toutes les personnes que je rencontre sur mon chemin, puissent être heureuses comme moi.

2) Pourquoi avez-vous décidé de devenir guide ?

C’est une très bonne question mais jusqu’à maintenant, je n’ai pas encore trouvé la réponse. Toutes les choses qui viennent vers moi se sont passées naturellement. Un jour de beau temps, il y a eu une agence qui m’a demandé d’accompagner un groupe de voyageurs, durant la très haute saison.  Satisfaits, ils ont souhaité s’engager avec moi sur le long terme. De plus, le revenu lié à ce métier me permet d’avoir une vie correcte. Donc, j’ai décidé de continuer.

Parmi les principaux avantages du métier de « guide », je nommerais la liberté et les rencontres. La liberté, parce que je décide moi-même du temps de travail, de la façon de faire, etc. Les rencontres, quant à elles, me permettent d’apprendre plein de choses sur les autres et sur le monde qui m’entoure.

Pour résumé, je dirais que ce métier est fait pour moi.

Selfie de groupe !

3) Avez-vous une anecdote mémorable lors de l’un de vos voyages, en tant que guide local à raconter aux lecteurs ?

A chaque fois qu’il faut dire « au revoir » aux voyageurs, ces derniers me remercient sincèrement en arborant leurs plus beaux sourires, je ressens donc leur satisfaction et cela me donne beaucoup d’émotions. Cela nous arrive de garder contact par mail ou par Facebook, pour que nous puissions échanger des nouvelles.

Parmi les anecdotes, je dirais tout d’abord que grâce à ce métier, j’ai rencontré ma mère de cœur Annita. Ensuite, l’anecdote la plus mémorable c’était avec une certaine Danielle Vo Van, ma toute première cliente. Elle est partie au Vietnam pour rechercher la famille de son père vietnamien (qui avait quitté le pays en 1939 pour la France afin de rejoindre les troupes françaises dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale). Je me souviens de l’avoir accompagnée sur ma moto, au sein du village où était censé habiter son père, mais la tentative fut vaine. Après quelques années, elle l’a finalement retrouvé et quelle surprise pour moi, de savoir que sa famille habitait pas très loin de là où nous avons effectué cette première recherche. Aujourd’hui, Danielle et moi, gardons encore contact et nous nous voyons lorsqu’elle vient au Vietnam.

Paysage de rêve avec des voyageurs qu’on aime, que demander de plus ?!

4) Quels sont les côtés moins reluisants en étant guide ?

Être guide touristique, c’est un métier intéressant, mais pas facile.

C’est un travail qui vous permet de rencontrer beaucoup de monde, d’aller à travers beaucoup d’endroits, cela ouvre vos yeux et votre tête. Mais parfois, lorsque je rencontre des locaux en difficulté, cela me touche beaucoup. Je ressens une envie de faire quelque chose afin de les aider. J’espère que le tourisme durable, celui que nous essayons de pratiquer, contribue à améliorer doucement mais sûrement la vie quotidienne de ces locaux.

Deuxièmement, pour être guide, vous devez avoir une très bonne santé pour vous adapter au temps de travail, aux types de voyages différents. Il faut également avoir un esprit serein, afin de régler aisément des problèmes pouvant survenir durant les voyages. Enfin, je dirais que la difficulté principale réside dans le fait, que nous soyons souvent éloignés de nos familles.

Des chemins qui se sont croisés

5) Comment percevez-vous l’évolution du tourisme au Vietnam dans l’avenir ?

C’est une question difficile à répondre. Selon mon avis personnel, « voyager » est une envie essentielle pour l’Homme. Nous avons toujours besoin d’aller ailleurs pour nous reposer, pour découvrir ou tout simplement pour « changer d’air ». Plus le niveau de vie augmente, et plus on voyage. Le Vietnam sera probablement encore pour longtemps une destination attractive, grâce à ses beaux paysages, sa riche culture et la saveur de sa gastronomie. Pourvu que nous puissions  préserver cet héritage et notre identité !

Actuellement, il y a de plus en plus de visiteurs étrangers voyageant au Vietnam. C’est un bon signe, mais cela nous implique de nombreux défis. Notamment en termes d’infrastructures : la qualité du réseau routier, l’hôtellerie, la restauration, les aéroports, etc. On pense souvent à la qualité et à la quantité, mais nous oublions que nos ressources sont aussi limitées. Et cela, ramène au thème de l’environnement.

Je pense que le tourisme vietnamien doit se concentrer sur la qualité de sa capacité d’accueil et de service au lieu de privilégier l’augmentation du nombre de flux de voyageurs.

Privilégier un tourisme responsable et de connaissances, plutôt qu’un voyage dénué de sens et de culture.

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Alex Dang

Je m'appelle Alexandre, je suis d'origine franco-vietnamienne. Entre Lyon, dont je suis originaire et Hanoï, je vous propose de me suivre via ces articles qui vous permettront de découvrir la péninsule indochinoise comme on l'aime. Je tiens surtout à vous faire véhiculer quelques valeurs du tourisme responsable : celui qui respecte l'environnement, celui qui nous rend petit et celui qui contribue à la préservation des identités locales. Toujours disponible pour vous répondre, donc n'hésitez pas ! :)

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Publié par
Alex Dang
Pays : Vietnam