« Et parfois, lorsque vous fermez les yeux la nuit, vous commencez à rêver de tous ces morceaux qui flottent dans l’air : où était ceci, où était cela… ».

Son imagination intarissable n’aura de cesse d’occuper les songes de Federico Barocco, un archéologue, consultant à l’Institut de conservation des Monuments du ministère de la Culture, du Sport et du Tourisme du Vietnam, aujourd’hui considéré comme une référence dans l’archéologie du paysage en Asie du Sud-Est.

Un attrait pour l’Asie Orientale

Né à Rome en 1975, ce chercheur polyglotte d’origine italienne, étudie au département d’études orientales de l’université de Rome « La Sapienza », où il obtient en 2002 un diplôme en « Histoire de l’art et archéologie de l’Asie orientale ». Durant cette période il étudie l’histoire et l’archéologie de l’Extrême-Orient à l’université de Pékin, visitant les principaux sites et collections archéologiques de l’Empire du Milieu. Après une formation poussée sur les méthodologies et les techniques appliquées à la recherche archéologique, il participe au projet archéologique et de conservation pour la réévaluation de la zone du Forum Impérial dans le centre de Rome.

Et l’Asie du Sud-Est

En 2002, au travers de la Fondation Lerici (École polytechnique de Milan) il s’investit en tant qu’aspirant archéologue de terrain et consultant sur les principaux sites archéologiques du centre et du sud de l’Italie ; puis rejoint la mission archéologique italienne officielle de la Fondation Lerici, comme consultant et archéologue pour les sites Unesco du Laos (Vat Phou), du Vietnam (My Son) et du Myanmar (Sriksetra et les villes de Pyu).

Le site UNESCO du Wat Phu

Le site UNESCO du Vat Phou

Cette attirance pour l’Asie du Sud-Est se renforce lorsqu’il rencontre Patrizia Zolese, responsable de l’archéologie et de la culture asiatique à la Fondation Lerici, « l’Indiana Jones Italienne », qui dédie sa vie à ce qu’elle nomme l’archeo logos (archeo « ancien », logos « histoire », ou « raison » en grec) en suivant la route historique d’Alexandre Le Grand, de Grèce en Inde, en passant par l’Afghanistan. Un attrait qui se transforme en amour pour le Vietnam, et sa culture lorsqu’il prend part au projet de « sauvegarde du site du patrimoine mondial de My Son » en 2004, l’un des premiers sites religieux cham fondé au IVème siècle, redécouvert par Camille Paris en 1889 et étudié pour la première fois par l’architecte français Henri Parmentier au début du XXème siècle.

Federico-Barocco

Federico sur le groupe L du complexe de My Son

Une base de recherche dans le Centre Vietnam

Après une mission sur le « Vat Phou et les anciens établissements associés dans le paysage culturel de Champasak » au Laos et quelques années en pleine campagne de Quang Nam, au Vietnam, « Rico », comme l’appelle son entourage, s’installe dans sa ville de cœur : Hoi An. Une base de recherche qu’il ne se voit plus quitter, d’où il s’emploie à « reconstruire », non seulement les monuments, mais aussi leurs paysages associés. La tâche ne consistant pas à restaurer mais bien à conserver. Un travail d’imagination qui cherche à combiner les évidences archéologiques pour contrôler la chronologie, et à « penser l’histoire » pour mieux reconstruire son évolution et en préserver ce qu’elle aura décidé de laisser debout. Tout naturellement, Federico se spécialise sur la formation et le développement des civilisations khmères et cham au Laos et au Vietnam. Il organise des formations d’aspirant archéologues et architectes sur la gestion du patrimoine et des sites archéologiques comme My Son et le Vat Phou.

Un terrain de recherche sans limite

En 2008, il est invité à se joindre à la collaboration scientifique avec le centre EFEO (École française d’Extrême-Orient) de Hanoi et l’Institut vietnamien d’archéologie dans le cadre du projet « History and Heritage of Central Vietnam », mené dans les provinces de Quang Ngai, Binh Dinh et Phu Yen. Aussi, il collabore à l’édition de la cartographie du livre Champa et l’archéologie de My Son (Vietnam), publié en janvier 2009, aux côtés de Andrew Hardy, Mauro Cucarzi, et Patrizia Zolese, œuvre retraçant les efforts menés pour préserver les vestiges de cette culture unique qui fleurit sur la côte du Centre du Vietnam du quatrième au treizième siècle.

Un des temples de My Son

Un des temples de My Son

La Grande Muraille du Vietnam

En 2010, il est nommé associé de recherche à l’Institut vietnamien d’archéologie à Hanoi et à l’Institut vietnamien pour la conservation des monuments du ministère de la Culture, lançant plusieurs projets locaux et internationaux et collaborant à la recherche sur l’archéologie du paysage et la conservation du patrimoine culturel au Vietnam. L’un de ces projets concerne la Longue Muraille de Quang Ngai, aussi nommé Grande Muraille du Vietnam, un rempart de 127,4 kilomètres qui s’étend de la province de Quang Ngai, au nord, à la province de Binh Dinh, au sud. Ce mur défensif construit en 1819 par la dynastie des Nguyen comme ligne de démarcation contre les Da Vach (les H’re ou Hrê, population appartenant à la famille linguistique Mon–Khmer) serpente à travers des montagnes vierges, couvertes de forêts pluviales, et représente le plus long monument d’Asie du Sud-Est.

La Grande Muraille du Vietnam

La Grande Muraille du Vietnam

Sur les traces des civilisations anciennes

Lors d’un séjour dans le Centre Vietnam, aux côtés de Federico, visite du site archéologique de My Son, lové dans un cadre naturel enchanteur choisi afin de symboliser la grandeur et la pureté du mont Méru, montagne mythique considérée comme l’axe du monde, berceau des dieux hindous au centre de l’univers ; ou circuit culturel interactif entre les petites venelles et sites inusités du vieux quartier de Hoi An pour saisir la véritable valeur historique et les secrets de cette ancienne ville portuaire de renom.

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