En cette page, Amica Travel aborde le sujet des Khmu, peuple emblématique et pourtant méconnu du Laos. Les Khmu sont les premiers habitants du Laos, leur implantation remonte à des temps immémoriaux.

Groupes

Les Khmu (Khammu, Kmhmu ou Kemu) appartiennent à la famille austroasiatique (Môn-Khmer), au Laos ils constituent un ensemble de quatre cent cinquante mille âmes.
Ils sont organisés en sous-groupes, les principaux sont :

  • Les Ou (au sud des provinces de Phongsaly et de Houaphan, dans le nord de celle de Luang Prabang) ;
  • Les Rok (ou Hok, vers Oudomxay) ;
  • Les Lu (au nord d’Oudomxay) ;
  • Les Me (au nord-est de la province de Luang Prabang et dans la Nam Et) ;
  • Les Khong (au sud d’Oudomxay) ;
  • Les Kouene (sud de Louang Namtha) ;
  • Les Nuang (au nord d’Oudomxay).
Femme khmu

Femme khmu préparant les victuailles

Royaumes

Les Khmu descendent des royaumes khmu dont les territoires s’étendent naguère sur tout le nord Laos, une partie du nord-ouest Vietnam et le nord de la cordillère annamitique. La capitale de ces royaumes se situe aux alentours de Muang Noi ; les traditions locales relatent que leurs trésors dorés auraient été enfouis dans les massifs calcaires dominant la Moyenne Nam Ou.
Ces royaumes disparaissent entre les VIIe et Xe siècles, sous le coup des vagues migratoires thaï venues de Chine. Les Khmu sont également liés au royaume de la Plaine des Jarres (Phongsavan).

 Lire notre article sur la civilisation mégalithique du Haut Laos 

Villages et maisons

La société khmu est agraire sur base de civilisation d’essarteurs où cueillette, chasse et pêche font partie du quotidien.

Les Khmu cultivent :

  • Le riz blanc ;
  • Le riz noir ou rouge gluant de montagne ;
  • Le maïs ;
  • La banane ;
  • La canne à sucre ;
  • Le concombre ;
  • Le haricot ;
  • Le sésame et autres légumes.

La plupart des travaux agricoles sont effectués en commun, les semis et les récoltes du riz usuellement effectués par les femmes.

Khmu village

Un village khmu de Phongsaly

Avant les années 1950, les Khmu établissent leurs villages le long de rivières ou sur des lignes de crêtes isolées, ceux-ci sont fortifiés afin de se prémunir des fauves nocturnes, des hardes d’éléphants, des razzias de groupes voisins ou en cas de guerre tribale et autres menaces extérieures. Les fortifications sont en bambou ou en bois, parfois formées de deux enceintes parallèles percées de deux portes.

La jeune génération

La jeune génération

Chaque maison khmu est censée être sous la protection d’un totem, un sanglier ou un aigle par exemple. Traditionnellement elle est exposée en direction du levant, elle possède une porte à l’est et une autre orientée vers le nord ou vers le sud et se prolonge par un long balcon orienté vers l’est, ce dans le cadre d’une ancienne tradition de vénération de l’esprit du soleil. Une autre raison à cette orientation est le fait que les Khmu croient que cette étoile a le pouvoir de repousser les diables, les fantômes et les esprits néfastes, ces derniers craignant les rayons matinaux de l’astre.
La raison pragmatique est que cette orientation permet d’éloigner les nuisibles, insectes, bactéries, rats et serpents.

Sacrifices et croyances

Un des rites principaux est le sacrifice du buffle, en l’honneur du cycle du paddy, avant ou après les cultures, ou en cas de guerre, d’inondation, d’épidémie et autres désastres. Les Khmu vivent dans la crainte des esprits, les Rroïs (Hroi), leurs formes sont multiples :

  • Esprits des bois (Rroïs-yu), des arbres (Rroïs-torteri), des eaux (Rroïs-yong), des sommets, du vent, des maisons ;
  • Les Rroïs-su (des vampires) ;
  • Les Rroïs-poop (des esprits-vengeurs ou possesseurs) ;
  • Les Rroïs-pong (des esprits-fous).

Les grands-anciens, fréquemment chamanes, sont recouverts de tatouages, pour se protéger de certains esprits ou pour en attirer d’autres ; des récits font état de guerres-invisibles entre sorciers, ces derniers ayant le pouvoir d’utiliser certains esprits démoniaques à des fins punitives.

Sacrifice

Le sacrifice du buffle

Les Khmu possèdent d’autres caractéristiques, par exemple :

  • Leur art de la vannerie (les hottes étant réalisées par les hommes entre juin et août) ;
  • Leur fabrication d’alcool de maïs, de riz ou de banane via des systèmes d’alambic (réalisé par les femmes en saison sèche) ;
  • Leur habilitée à forger ;
  • Le port des hottes frontal ;
  • Et, dans certains districts, l’élevage d’éléphants (spécialement vers Xayabury).

Découvertes

Dans les années 2010, Amica Travel mène diverses missions de reconnaissance dans le bassin de la Haute Nam Ou, et spécialement dans la partie centrale et septentrionale des monts du Phu Sang, contrée reculée où se situent divers villages khmu-ou. Ces recherches permettent d’y développer divers modules de découverte et de randonnées.

 En savoir plus sur la province de Phongsaly   Découvrez nos circuits immersifs dans le Phu Sang 
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