Si le Laos compte beaucoup moins de sites inscrits à l’UNESCO que la plupart de ses voisins, ses richesses méritent d’être plus connues.

Cette terre enclavée au cœur de la péninsule Indochinoise, anciennement surnommé le pays « du million d’éléphants », est en effet, l’une des destinations les plus captivantes d’Asie du Sud-Est. Quel voyageur n’a pas succombé à sa douceur de vivre, à la gentillesse de ses habitants, à son cadre naturel encore préservé, entre montagnes recouvertes de forêts épaisses s’ouvrant sur de petites vallées et des villages le long du roi Mékong, et à son héritage culturel exceptionnel ? Découvrons dès à présent les trois sites du Laos inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La plaine des Jarres

Honneur au dernier inscrit ! Le site archéologique de la plaine des Jarres vient tout juste d’être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO le 6 juillet 2019. « Enfin ! » se sont exclamés les Laotiens et les passionnés d’histoire et d’archéologie. En effet, ce site énigmatique, situé dans le nord-est du Laos dans la province de Xieng Khouang, rassemble sur une superficie d’environ 1 000 km2 plus de 2100 jarres de pierres mégalithiques datant de 500 avant notre ère jusqu’à 500 après notre ère. Et même si l’on ignore encore leur signification et leur origine véritable malgré les nombreuses études, ce site archéologique est le  témoignage le plus important de la civilisation de l’âge de fer qui les fabriqua et les utilisa avant de disparaître vers 500 de notre ère.

C’est Madeleine Colani de l’École française d’Extrême-Orient qui la première entreprit des fouilles sur plusieurs jarres. Ses  travaux demeurent une base pour les archéologues qui cherchent à percer le mystère de la plaine des Jarres. L’hypothèse la plus répandue dans le milieu scientifique, veut que ces jarres taillées dans des blocs de roches monolithiques provenant de la région soient des monuments funéraires. Seuls trois sites sont ouverts au public, car cette région a été l’une des plus bombardées durant la guerre du Vietnam et que de nombreuses bombes non-désamorcées sont encore présentes. L’inscription du site à l’UNESCO devrait accélérer le processus final du déminage de la zone pour le plus grand soulagement des habitants, premières victimes, 45 ans après la fin de la guerre, de ces bombes non-désamorcées.

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La plaine des Jarres

La ville de Luang Prabang

Destination touristique incontournable du Laos, la ville de Luang Prabang fascine et séduit le voyageur pour son cadre naturel exceptionnel entre Mékong et montagnes, son remarquable patrimoine historique et culturel, et pour sa délicieuse atmosphère typique. L’ancienne capitale royale du Lan Xang ou royaume du million d’éléphants fêtera en 2020 les 25 ans de son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une ville classée pour la fusion heureuse de l’architecture traditionnelle lao et des constructions des XIXe et XXe siècles de style colonial, et pour sa trame urbaine très bien sauvegardée avec toujours un haut degré d’authenticité.

La Maison du Patrimoine de Luang Prabang veille à la préservation de cet héritage inestimable avec pour mission première, de définir certaines règles de gestion patrimoniale de la ville. Les moines bouddhistes contribuent quant à eux, à l’entretien de leurs édifices religieux et au maintien du culte bouddhiste et des traditions culturelles. Le développement de la ville et les fortes  pressions économiques dues au tourisme notamment sont une menace. Par ailleurs, une loi d’urbanisme sur la protection du patrimoine tente de contrer ce phénomène. Une vaste zone tampon de 12.500 hectares été définie dans le cadre de la révision du plan d’urbanisme pour aller dans ce sens et pour que la  ville du Bouddha d’or puisse rester éternelle.

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Le temple du Bouddha d’or de Luang Prabang.

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Les rues de Luang Prabang

Le Vat Phou et les anciens établissements associés du paysage culturel de Champassak

Bien qu’en ruine, l’ensemble du temple de Vat Phou est un témoignage formidable de la domination khmère dans cette région du Xème au XIVème siècle. Son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2001 a également été motivée par l’intégration d’un paysage symbolique d’une grande valeur spirituelle, temple montagne, dans son environnement naturel, puisque le Phou Kao, le point culminant des monts Pasak, a la forme particulière d’un lingam, symbole phallique de Shiva. C’est depuis la troisième plateforme du sanctuaire principal, offrant une vue à couper le souffle sur le Mékong et sur la zone de paysage planifiée remontant à plus de mille ans et remarquablement bien conservée, que l’on prend toute la mesure de la démesure de ce site archéologique.

La charmante et paisible ville de Champassak, porte d’entrée du site archéologique pré-angkorien du Vat Phou, ajoute au plaisir de la découverte. Ancienne cité royale, Champassak offre un magnifique mélange de styles architecturaux entre anciennes demeures coloniales et maisons traditionnelles lao. La ville accueille le spectacle du théâtre d’ombres de Champassak, conduit par une troupe de 14 marionnettistes, musiciens, chanteurs et comédiens, qui oeuvrent pour préserver l’héritage culturel matériel et « immatériel » de la ville de Champasak. En combinaison avec la découverte de l’île de Don Daeng, ne manquez pas de visiter le temple de Tomo, vestige du temple Umong d’époque pré-angkorienne, faisant partie des anciens établissements associés du paysage culturel de Champassak, tous sont inscrits à l’UNESCO.

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Le temple du Vat Phou