Quelle soit contemporaine, intemporelle ou traditionnelle, laissez-vous bercer par la musique d’Asie du Sud-Est. Chacune d’entre elles raconte à sa manière, une certaine histoire de son pays et vous promet d’approcher l’âme des pays contés à travers ces mélodies envoûtantes.

Dengue Fever, pop khmère des années 60 et rock psychédélique

Ce groupe américano-cambodgien qui mêle la musique pop/rock cambodgienne des années 60 et le rock psychédélique californien va à coup sûr, vous mettre une fièvre hautement contagieuse. Découvrant le rock khmer après un voyage au Cambodge, les deux frères américains Ethan et Zac Holtzman dénichent la chanteuse cambodgienne Chhom Nimol, pour fonder à Los Angeles cette formule infectieuse : Dengue Fever.

Ce mélange épicé reprend des standards du rock cambodgien des années 1960-1970, une scène qui était alors très vivante, en s’attachant à rendre hommage aux grands interprètes cambodgiens de l’époque, dont la plupart avait été massacrée par les ­Khmers rouges. Le groupe mêle habilement les deux langues, anglaise et khmère, ce qui donne une musique suave, sensuelle, funky, originale, sublimée par des mélodies vocales aux consonances rondes et énigmatiques. En près de 20 d’existence, le groupe a sorti une dizaine d’albums que nous vous invitons à découvrir, surtout les premiers albums lorsque la chanteuse Chhom Nimol distillait ses lignes vocales ondulantes en Cambodgien et en Khmer.

Le groupe Dengue Fever aux sonorités originales. © Marc Walker

Le khên, instrument emblématique du Laos

Cet orgue à bouche est un instrument typique du Laos que l’on retrouve aussi bien dans la musique traditionnelle que moderne. Si vous séjournez au Laos vous aurez toutes les chances d’entendre cet instrument polyphonique, composé de tubes en bambou connectés par un réservoir en bois creux, dans lequel l’air est insufflé. Inscrit en 2017 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco, le khên est l’instrument national du Laos que l’on retrouve dans toutes les fêtes et cérémonies du pays.

Chaque village possède son orchestre, ses joueurs de khên et ses danseurs qui accompagnent cette musique traditionnelle profondément ancrée dans la culture laotienne. Le khên est l’âme musicale du Laos. C’est aussi le fidèle compagnon du Lam Vong, la danse traditionnelle laotienne. Laissez-vous emporter par la spirale sonore du khên et si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à vous joindre aux locaux pour danser le Lam Vong.

khen instrument musique

L’instrument khên

Ah Moon, symbole d’une Birmanie en pleine évolution

La Rihanna de Birmanie révolutionne la musique dans un pays où la censure est omniprésente, malgré la transition progressive qui s’opère en Birmanie. Car si la junte militaire n’est plus au pouvoir, elle contrôle toujours les artistes. Aussi avec sa démarche conquérante, son déhanché et ses tenues sexy, l’artiste birmane la plus populaire détonne. Surtout que la jeune artiste fait partie de la minorité kachine, dans une province assiégée. Elle est chrétienne et fille de pasteur dans un pays à très forte majorité bouddhiste.

En 2010 Ah Moon a rejoint le premier girl’s band du pays, les Me N Ma Girls, puis a débuté une carrière solo en 2014. Malgré l’attrait de villes plus dynamiques comme Bangkok ou Los Angeles où elle enregistre certains de ses titres, Ah Moon n’a aucune intention de quitter Yangoun. « Ne pas s’égarer à l’aube d’un jour meilleur » lance-t-elle, sûre de voir son pays changer, et d’être une incarnation artistique de la liberté d’expression.

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La chanteuse birmane Ah Moon, surnommée la « Rihanna de Birmanie ». Source photo : nautiljon.com

Trinh Công Son, le Bob Dylan vietnamien

Symbole d’une expression culturelle libre dans le sud du Vietnam en guerre, ce poète baladin fut sans doute le compositeur le plus inventif, populaire et productif du Vietnam. Ce chantre de la paix, monument de la chanson moderne vietnamienne a connu sa popularité à partir des années 1960, en pleine guerre du Vietnam, avec des chansons sur la misère de la guerre.

Le régime du Sud trouva dans ces chansons un parfum d’anti-guerre et les fit interdire. Après la réunification du pays en 1975, le régime communiste du Nord l’envoya durant quatre ans, en camp de rééducation pour avoir osé parler de guerre civile dans ses chansons.

Trinh Công Son, chanté particulièrement par deux magnifiques artistes, d’abord par Khánh Ly puis par Hồng Nhung, tient une place importante dans le cœur des Vietnamiens de tous âges et de tous horizons. Tous les vendredis soir, dans un petit café de Hanoi, on célèbre l’artiste décédé en 2001 en reprenant certaines de ses plus belles chansons. Nous vous invitons, si vous êtes de passage dans la capitale vietnamienne, à découvrir ce lieu unique pour écouter les trésors musicaux de ce troubadour, aimé pour ses chansons qui sont l’expression même de l’âme vietnamienne.

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Trinh Công Son, surnommé le « Bob Dylan » vietnamien. Source : mangthuvien.net

Bonjour Vietnam, entre Occident et Vietnam

Chanson composée par Marc Lavoine et enregistrée par la chanteuse belge d’origine vietnamienne Quynh Anh, Bonjour Vietnam est une chanson qui a émue toute la diaspora vietnamienne. Cette chanson raconte l’histoire de cette jeune Vietnamienne née à l’étranger et qui n’avait jamais vu le pays natal de ses parents. Son désir exprimé par les mots « un jour j’irai là-bas » dans la chanson, s’est réalisé puisque depuis la jeune femme a réalisé son rêve de connaître le pays de ses parents.

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La chanteuse Quynh Anh, qui interprête la chanson « Bonjour Vietnam » composée par Marc Lavoine.

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