Je m’appelle Roger Fresneau, suis âgé de 70 ans. Journaliste à la retraite, j’ai, avec ma femme Hélène, ex-professeur d’éducation physique, parcouru l’Asie en long et en large chaque année depuis 46 ans. D’abord sac à dos, puis, l’âge venant, de manière plus confortable, avec chauffeur et guide francophones. L’Inde a d’abord capté l’essentiel de nos voyages.  L’Asie du Sud-Est allait suivre.

Pour autant, nous ignorions tout de l’ex-Indochine, malgré notre vif intérêt pour son histoire, sa géographie, ses populations. Les commentaires émerveillés, admiratifs, des voyageurs revenant du Vietnam, Laos, Cambodge ne firent que renforcer notre désir d’y aller voir de plus près… Notre retraite professionnelle allait nous permettre d’y consacrer de longues semaines, ces dernières années. Nous n’en sommes toujours pas revenus !

Un Vietnam unique et divers

Notre premier voyage au Vietnam, d’une durée de 45 jours, allait, du nord au sud, nous faire découvrir un pays réunifié et divers à la fois. Le second périple (un mois et demi au Cambodge), puis le 3ème voyage (un mois au Laos plus 15 jours consacrés au seul delta du Mékong) allaient aiguiser nos regards sur les pays de l’ex-Indochine.

Et le Vietnam dans tout cela ? D’abord une géographie aux contrastes saisissants. Des montagnes du Nord, profondes et humides, sculptées par les rizières, aux plaines du Sud et son riche delta, en passant par les secteurs vallonnés du centre, avec pour corollaires des populations si particulières, le panorama qui s’offre à nos yeux ne cesse d’évoluer. Bref, mille et une visions, mille et une rencontres, un régal pour les yeux et l’âme…

Jouer de la comparaison pour juger le Nord et le Sud n’a guère de sens. Il s’agit bien d’un seul et même (beau) pays,  aux ambiances, aux univers distincts. Ainsi Hanoï et Saïgon, les deux éternelles « rivales », aux physionomies à des années-lumière l’une de l’autre, mais si attachantes car si différentes.

Nous pourrions parler longuement des « musts » du tourisme vietnamien (Hué, Hoi An, le delta du Mékong, l’église des Cao Dai etc…), souligner la qualité des restaurations, dire la beauté des bords de mer. Mais ce que nous aimons par dessus tout, c’est l’univers des campagnes vietnamiennes, la gentillesse spontanée des villageois, les incroyables voies d’eau du delta du Mékong générant une vie fluviale à nulle autre pareil, le monde des tribus…Sans oublier la gastronomie, si bonne, si variée !

On se bat, on se pardonne, on se sourit !

Le Vietnam d’aujourd’hui constitue une sorte de « miracle ». Ce pays, à la longue et vieille histoire, a connu les plus épouvantables des conflits. Imaginer, dans un contexte pareil, un accueil aussi cordial quand on est Français ou Américain, dépasse l’imagination. Et pourtant, c’est ainsi : nous sommes vraiment les bienvenus ! Qu’un peuple puisse à ce point avoir fait preuve de courage, d’abnégation, pour déboucher rapidement sur le pardon et l’amitié, a quelque chose de peu courant sur une si courte période.

L’absence de haine est manifeste, et la page tournée. Les anciens combattants vous abordent eux-mêmes amicalement. L’hospitalité reprend toute sa place parmi des populations résolument tournées vers un avenir que nous leur souhaitons paisible et prospère.

Et c’est dans ce contexte-là que nous avons décidé de participer au concours photographique “Au plus près des peuples Indochinois”, organisé par l’équipe d’Amica Travel.. Ce qui nous a décidé : notre cliché de cette dame nord-vietnamienne,  qui nous semble illustrer valablement ce qui précède.

« Les Vietnamiens de la génération de cette dame ont connu, subi, d’innombrables épreuves. Comment le deviner, l’imaginer, face à un pareil sourire, spontané, cordial, avec pour résultat une empathie immédiate. Nous sommes ici au Nord-Vietnam. Nous pourrions être au Sud, au Laos ou au Cambodge, il en irait de même. Ainsi va la vie des peuples indochinois, arborant le plus franc, le plus radieux des sourires. Il en résulte, pour le visiteur, le sentiment gratifiant d’être le bienvenu. Et c’est sans doute cela qui touche, voire bouleverse, tout étranger de passage.

La cordialité de l’accueil n’a rien de formaté, de commercial, allant bien au-delà de la seule politesse, fût-elle exquise. Non, ce qui s’affiche ici, comme dans tout l’arc indochinois, relève d’un mode de vie qui fait de l’accueil, de l’hospitalité, des vertus prédominantes. Alors que partout ailleurs le monde devient dur, arrogant, cassant, ces sourires à bout portant font un bien fou, redonnent confiance en l’homme.

La spontanéité est au rendez-vous : où que vous alliez, pareils sourires vous attendent, toutes générations confondues. Oui, la région de la courtoisie mille fois répétée, c’est vraiment l’Indochine. A tel point que ces délicates attentions deviennent la toile de fond de tout voyage au Vietnam, au Laos et au Cambodge.  Et c’est pourquoi la thérapie par le sourire prend dans ce cas précis le sourire de cette dame nord-vietnamienne. »

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Le sourire, langue universelle de l’humanité

Alors, juré promis, nous allons vite revenir au Vietnam, histoire cette fois de pédaler dans le delta du Mékong et bourlinguer dans les jungles et forêts du Nord.

Pour résumer : laissez tout tomber et filez vers l’ex-Indochine. Et, comme dit en ouverture de cet article, vous n’en reviendrez pas.

Roger Fresneau

Le sourire, langue universelle de l’humanité
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